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La Terre vient de capturer une deuxième Lune, mais elle ne va pas rester longtemps

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Depuis le début du printemps, un petit corps céleste suit une orbite presque identique à celle de la Terre autour du Soleil, ce qui lui a valu d’être classé parmi les « mini-lunes ».

Au sens littéral du terme, il n’y a évidemment qu’une seule vraie Lune qui orbite autour de notre planète, mais sur le plan gravitationnel, cette affirmation est partiellement fausse. En réalité, la gravité terrestre attire régulièrement et de manière éphémère de petits astéroïdes que l’on appelle « mini-lunes » par analogie avec notre satellite naturel, car ils tournent autour de la Terre.

Le dernier qui vient d’être repéré s’appelle 2026 QQ8 : un petit caillou d’à peine deux mètres de diamètre, qui tournait déjà autour de notre planète depuis le mois d’avril 2026. Six mois d’orbite, dans le plus grand des secrets, avant que le Minor Planet Center de l’Union astronomique internationale ne confirme son existence, la semaine dernière, le 29 octobre.

2026 QQ8 : un compagnon d’orbite éphémère

2026 QQ8 boucle son tour du Soleil en 359 jours, soit une orbite quasi jumelle de celle de la Terre, à quelques jours près ; de fait, tous les dix ans environ, leurs trajectoires se rapprochent de manière cyclique. Quand l’astéroïde passe suffisamment près et suffisamment lentement, la gravité terrestre l’attrape au vol. Sa capture résulte de l’équilibre entre deux forces opposées : d’un côté, la gravité terrestre qui retient le caillou ; de l’autre, l’attraction du Soleil qui le tire continuellement vers lui.

Tant que 2026 QQ8 reste dans la zone d’influence gravitationnelle de la Terre (la sphère de Hill), il reste autour de nous. Quand il s’approchera trop près du bord, le Soleil reprendra le dessus et le renverra sur son orbite héliocentrique, comme un élastique trop tendu qui finit par lâcher.

La sphère de Hill s’étend à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre, et 2026 QQ8 orbite bien à l’intérieur, à quelque 568 000 kilomètres au plus proche, soit environ 177 000 kilomètres au-delà de la distance moyenne Terre-Lune. La fin de son séjour est prévue pour janvier 2027 ; il sera donc resté environ neuf mois.

Selon Robert Jedicke, astronome à l’Université d’Hawaï, la Terre possède en permanence environ 6,5 mini-lunes (c’est une moyenne statistique : certaines arrivent pendant que d’autres repartent) d’au moins un mètre de diamètre en orbite autour d’elle. La plupart mesurent entre un et deux mètres, à peu près le gabarit d’une voiture, et restent captives de la gravité terrestre pendant neuf mois, comme 2026 QQ8, avant de repartir autour du Soleil.

Ces objets seraient, selon l’hypothèse dominante actuelle, de minuscules fragments issus d’impacts météoritiques. Quand un astéroïde frappe notre satellite, il éjecte des morceaux de roche dans l’espace : la plupart de ces débris finissent en orbite solaire, mais certains, propulsés à la bonne vitesse et dans la bonne direction, se font happer par la gravité terrestre et deviennent ainsi des mini-lunes temporaires. S’ils sont très difficiles à repérer en raison de leur gabarit minuscule, la prochaine génération de télescopes de surveillance (comme l’observatoire Vera C. Rubin, au Chili) devrait en détecter bien davantage.

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